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Lignes de Coeur Partagées |
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juillet 2007 : Une violence ordinaire
Lynne,
Please keep sending your Heartlines in English to me....I really
like them, even if I don't take the time to tell you so, and now
I see how stupid that is!
Reading your story for this month I was reminded of a similar
situation I "lived" a few years ago. I was doing "Relation
d'Aide" with Françoise C and had worked with a peer
on a technique a few weeks before and was to see her again that
week...so I left a message on her cell phone proposing a date, but
the date came and went, no news.....until I got a call, just before
starting back from a break at a teambuilding, from her daughter
saying that she'd died in a diving accident while on vacation in
Guadeloupe....I was so shocked...how could someone our age die just
like that? We live as if we were eternal and don't realize how precarious
life is and also as you illustrated in your text, how lucky we are....we
should be marvelling each day at the miracle of living ("Just
another day in paradise")....
Biz,
-Kris
Bonjour Lynne,
La question que tu poses – comme toutes celles, intéressantes,
que tu poses à chaque fois – n’amène pas
de réponse simple. L’esprit clair contribue certes
à produire une réponse simple, bien que n’y
suffisant pas forcément.
Ai-je l’esprit clair sur la question de la violence de notre
monde, les déséquilibres générés
par le vivre ensemble ? Sur ce que l’on fait pour l’alimenter
– cette violence – ou pour la réduire ? Sur comment
chacun peut trouver à se ressourcer, à se remobiliser,
malgré l’injustice présente à notre porte,
le puits apparemment sans fond de la détresse humaine ? J’ai,
comme tout à chacun, des fragments de réponse, nourris
d’un entrelacs de croyances, qui mettent du sens dans mon
action au quotidien.
Ma croyance la plus forte, la plus centrale, la plus identitaire
en quelques sortes, est que nous sommes tous reliés. Quand
je m’occupe de moi (en me respectant moi-même, en cherchant
à comprendre, évoluer, progresser), je m’occupe
aussi des autres. Et quand je m’occupe des autres, empathiquement
et authentiquement, je m’occupe aussi de moi. L’un ne
va pas sans l’autre et l’un ne remplace pas l’autre.
Les 2 axes sont à la fois indissociables et les 2 reflets
d’une même réalité : dans son infinie
diversité, et jusque dans ses plus dramatiques contradictions,
l’Humanité est une. Et ce lien va au delà d’elle
aussi, vers ce qui vit autour d’elle, règnes co-locataires
de notre planète en souffrance.
La violence résulte d’une rupture de lien. Quand je
ne sais plus que l’autre est une partie de moi, pourquoi considérer
son intérêt, son bien-être, son intégrité
physique même comme importants ? Quand je suis en rupture
(de sens ou d’amour) avec moi-même, quand des lignes
de fractures existent en moi que je ne sais réduire, comment
puis-je accéder à la vision d’un collectif interdépendant
et co-responsable ? Quand le lien avec ce qui m’entoure m’est
devenu invisible, a fortiori quand il n’existe pas pour moi,
comment ne pas me sentir seul, en danger face à l’autre,
inquiété par la différence, indisposé
par la souffrance, en stress vis à vis de l’incertitude,
maltraité par ce que je ne comprends pas, violent par réaction
et en protection ?
Travailler à diminuer la violence – sociale, économique,
relationnelle – revient pour moi à travailler sur le
lien. C’est en tout cas ma fenêtre de compréhension
et d’action. Je ne travaille pas sur le traitement de la violence
ou sa réparation – je crois que je serais peu efficace,
là n’est pas aujourd’hui ma compétence
ou mon investissement. Je travaille en amont, sur le regard, la
conscience des situations et l’interaction avec elles, les
comportements et leur impact. Je me plais à croire que je
favorise des chemins de liberté individuelle, là où
la mécanicité des comportements laisse la place au
choix, là où l’intérêt de développer
des coopérations s’impose sur les logiques individualistes,
non comme une charte ou une morale, mais comme une évidence
dans la durée, une condition de survie.
Un travail de luxe, quelque part ? C’est vrai, en partie.
Mais le travailleur pauvre qui dort dans sa voiture le soir, le
parent isolé qui ne sait même plus que les 2 bouts
à joindre existent, le clodo du coin qui vient de se faire
voler son caddie avec sa seule couverture et qui s’est fait
tabasser en prime, ont aussi cette préoccupation du lien.
Les SDF souffrent de ce qu’ils sont transparents dans la rue,
invisibles aux yeux du plus grand nombre, plus encore que de la
précarité, du manque de satisfaction des besoins de
base. Travailler sur le lien, c’est travailler sur la conscience
de ce qui (ou de qui) est à côté de soi, par
et avec un travail sur la conscience de soi.
C’est ce que font des gens comme toi ou moi – non ?
- ou comme nombre de ceux qui passent par ton école ou tes
formations. C’est, même modestement, un petit bout de
la réponse à la question posée.
Bien à toi,
-Olivier
Bonjour Lynne,
Mon secret : l'amour de la vie, quoi qu'il se passe même
après les pires épreuves ce qui me sauve =l'Amour
de la VIE ; c'est grâce à cela que je fais le max pour
ne pas voir la mort sans voir les naissances , la tristesse sans
la joie les pertes sans les gains ... en 2 mots je cherche toujours
à voir la vie avec des lunettes roses même si parfois
j'ai beaucoup de mal à quitter les lunettes noires !!!! ces
jours difficiles j'espère toujours qu'une âme bienveillante
m'aide à voir la vie sous un aspect + positif = ces rencontres
merveilleuses petites ou grandes qui sont les cadeaux de la vie
.
Je t'embrasse et te souhaite de très bonnes vacances.
Gros bisous,
- Sylvie
Il fut un temps ou je laissais les larmes couler et pour autant
je portais en moi comme un fardeau. Puis j'ai pris le parti de faire
ce qui me semblait être le plus approprié là
ou l'on a besoin de moi. Passer du temps avec Susanne une fois par
semaine dans son mouroir de maison de retraite ou l'emmener déjeuner
en ville et lui faire la conversation. Prendre les auto stoppers
et les déposer à leur destination, au lieu de les
laisser au milieu de nulle part, avec le sentiment d'avoir fait
ce qu'il fallait, au risque d'arriver en retard à mon prochain
rdv, ou rentrer tard à la maison. Partager ce que je possède
avec le plus de personnes autour de moi. Faire don de 25% d'un de
mes restos à une employée (qui devient actionnaire)
car ce resto c'est presque toute sa vie et s'il tourne c'est en
grande partie de son fait, et le lui céder dès qu'elle
sera en mesure d'avoir la crédibilité de la banque
pour pouvoir acheter les 26 autres % que je possède. Aimer,
être là, donner ce que j'ai, des objets, du temps de
l'argent, de ma personne, c'est un peu le prix de la souffrance
que je veux racheter à ce monde d'iniquités. Des fois
un simple regard, une main tendue, une conversation suffisent à
redonner l'énergie de reprendre sa route. C'est aussi ce
dont j'ai besoin parfois et c'est ce qui m'a donné envie
de poursuivre ma vie en 2000 quand je suis sorti d'HP. Avant je
prenais des psychotropes, pour éviter le monde, aujourd'hui
je le regarde et je vis dedans avec l'énergie du survivant,
celui qui veut aller au bout d'une route qui change à chaque
virage...
Merci pour ton texte et à très bientôt.
- Pedro
Chère Lynn,
La vie, la mort, la violence, l'injustice, la roue du temps qui
s'accélère ou s'interrompe avec ses mystères
qui ramènent si justement à ce "carpe diem"
que nous oublions trop souvent. Juste cette conscience du temps
imparti, de la trace des pas que l'on laisse, du sens qui nous conduit
aujourd'hui et demain.
La spiritualité de chacun peut s'exprimer, les inconscients
collectifs chers à Young prennent aussi leur sens, un peu
de trans-générationnel pour épicer le tout
et l'histoire du monde continue.
Lorsque je parle de spiritualité je ne parle pas de religieux
mais de ce sens du sacré qui a déserté nos
civilisations occidentales laissant place à la folie et à
la souffrance. Combien d'ados qui disjonctent et passent de l'autre
côté du miroir, combien de sujets âgés
se "pètent les neurones" et sombrent dans la démence
de plus en plus tôt et pudiquement on parle de maladie d'Alzheimer.
Le travail des thérapeutes prend tout son sens dans cette
réconciliation, dans cette recherche de la lumière.
Dans les entreprises, la déstructuration et la perte de repères
déstabilisent les individus, tiens "re-père",
le cadre, les limites, la loi dans toute son acception bienveillante
mais aussi dans toute son importance. Dans mon travail de coach
ces derniers mois cela revient comme un leitmotiv, une condition
de survie.
Alors continuons ce voyage à la découverte de nous
même, continuons de faire passer ces messages si ancestraux
et pourtant si galvaudés sur le sens de la vie, sur cette
lumière intérieure qui ne demande qu'à s'éclairer.
Très bel été.
-Virginie
Chère Lynne, les jours où on ne peut pas, on
peut pas, voilà !
Le reste est affaire de deuil et de désir, pas de déni,
non ?
Merci pour ta proposition de supervision Rolls-Royce.
Bonnes vacances
Bises
-Ch
Une autre légende initiatique "Perceval le Gallois"
de Chrétien de Troyes nous démontre que le temps que
l'homme met à comprendre sa mission est long - celui d'une
vie - se sentir abattu est humain mais si la Vie nous a été
donnée c'est peut-être pour justement agir dans le
sens de la reconstruction.
Quand l'homme est debout, "dans son axe", il est relie
aux forces de l'univers et tout lui est donne pour agir. C'est cependant
a lui de décider s'il agit ou non et de transformer...
merci pour ton témoignage Lynne
Bises
-Stella dont la tante chérie est en train de mourir...
Meine liebe Lynne,
von Herz zu Herz !
De coeur à coeur, Lynne c'est comme ça que je perçois
tes "heartlines" de ce mois.
Tes mots (mes maux?) me touchent.
La vie, la mort = passage à une autre forme de vie ? Pourquoi
ce passage, pourquoi changer?
Ca me fait mal au coeur !
Bien-être, bon-heur, (quelle est la bonne heure pour ce passage
?), dou-leur, (doux leurre ? de ce que nous comprenons de la vie
?) souffrance ...
Joie et souffrance me font penser à un accouchement.
Accoucher me fait penser à donner la vie.... à un
être qui à envie de vivre...
Toi, Lynne, tu me permets de vivre petit à petit, mon quotidien
avec une autre "awareness".
Sentir mon coeur et sa demande de tendresse n'est pas toujours facile
pour moi dans ce monde si surprenant...
Je profite pour te remercier, et aussi vous qui lisez mon message,
de ta, de votre présence.
Je te souhaite un été en douceur... (et à
vous aussi)
-Paul
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